Gilles Crettenand, responsable de mencare Suisse romande, a eu l’occasion de discuter avec un groupe de jeunes du thème du masculinisme dans l’émission “C’est la Classe” de la RTS. A nouveau, on constate que toutes et tous sont confrontées à des images, propos et textes masculinistes. Comment y faire face? Gilles partage ses réflexions dans un bref article publié sur notre blog.
Le 26 décembre 2025, un épisode de l’émission de la RTS – Radio 1ère, “C’est la classe!” a permis d’entendre la voix des importantes victimes des mouvements et mouvances masculinistes, à savoir les adolescent.es. Ce sont ainsi les animateurices de Radio NRV, une option média proposée par le CO de la Veveyse à Châtel-Saint-Denis qui ont construit cette émission avec le soutien de trois enseignants. Les élèves ont choisi de nous parler du masculinisme. Pourquoi et comment cette tendance a vu le jour? Qui sont les hommes qui portent ce discours de domination sur le féminin ? Comment cela atteint-il les jeunes sur les réseaux? En tant que responsable mencare Suisse romande, j’ai eu le défi et le plaisir de partager avec cette classe pendant une heure haletante et parfois lourde autour des enjeux liés à l’idéologie radicale masculine présente sur la manosphère. Ce que je retiens de cette expérience:
« Toutes et tous sont confrontées à des images, propos, textes masculinistes ».
Toutes et tous sont confrontées à des images, propos, textes masculinistes qui vont relayer une idéologie religieuse ou biologisante qui définit un ordre des sexes qui rend les hommes supérieurs aux femmes et autres minorités de sexe et de genre. Ce discours nourrit une hypermasculinité basée sur le contrôle absolu de soi (mon corps, mon mental, mon coeur) et des autres liée à une misogynie intrinsèque. Le tout porté par une vision autoritariste du monde (moi d’abord) alliée à un entre-soi viriliste qui dénigre les femmes. Ce cocktail est explosif.
La responsabilité de l’Etat (de droit), des institutions et des adultes de référence (parents et professionnel.les en contact avec des enfants et jeunes) est de contribuer, au niveau individuel et groupal, à renforcer leurs compétences psychosociales (conscience de soi, régulation des émotions, empathie, esprit critique) indispensables pour apprendre à relativiser ce type de propos dans une phase sensible de développement identitaire sexuel de l’individu. Ce travail doit être effectué en particulier auprès des personnes qui ont subi une éducation genrée masculine virile et virilisante, éducation qui leur a interdit l’accès à leurs besoins fondamentaux (Boys don’t cry). Nous devons leur offrir des espaces “safe” où elles puissent entraîner ces compétences qui permettent le vivre bien avec soi, les autres et la société.
« Nous devons offrir des espaces d’entraînement des compétences qui permettent le vivre bien avec soi, les autres et la société. ».
Maenner.ch contribue avec ses modestes moyens pour agir également au niveau structurel pour renforcer la prévention contre l’idéologie radicale masculine et ses effets délétères sur la santé et la sécurité publiques. La prévention est un levier important d’action!

D’ailleurs: un état des lieux indicatif et succinct de la prise en charge en Suisse de la question de l’idéologie radicale masculine est formulé lors de la réponse à une interview de Gilles Crettenand au micro de la RTS – Radio 1ère au 12h30 du 21 janvier 2026.